3.12.11

Paris - Reconciliation et déconstruction

Paris, ce n’est qu’une ville française comme une autre. La première fois que je l’ai visitée, j’avais 16 ans. J’avais été enchantée par la ville, par la mode, par les couleurs et les odeurs (oui ben pour la dernière chose, enfin bref, ce n’est pas comme si les ados étaient pas un peu space) et aussi par le béret acheté pour l’occasion. Je l’ai toujours, celui-là, et il est toujours beau. Pour le reste, j’ai tendance de le mettre au compte des hormones. Un retour à Paris a dû attendre l’an 2008. Une deuxième fois à la capitale, mes souvenirs et impressions ont été déçus. Depuis, j’y retourne tous les ans, les albums photos en témoignent. Et finalement je peux accepter cette ville. Car, comme je l’ai déjà écrit au début : Paris n’est qu’une ville comme une autre.
Et contrairement à ce que j’ai écrit en 2008, aujourd’hui je peux constater sans émotions, sans déceptions que Paris n’est pas ce qu’on nous fait croire.
Paris n’est pas romantique et ce n’est pas la ville de l’amour. Paris n’est pas un tableau de Van Gogh et les bistrots y sont pas plus pittoresques qu’à La Rochelle ou Bourg-en-Bresse. Paris n’est pas magique. Paris ne correspond pas aux mythes qui lui sont accordé. Paris n’est pas la ville de « Midnight in Paris » - mais le consensus général n’arrête pas de toujours et encore raconter justement ça.
Et si mes quelques lecteurs français inexistants (et même si j’en avais, ils auraient déjà arrêté la lecture de ce billet maladroit), si eux me disent qu’alors, cette fausse réputation de la capitale n’est qu’un problème des étrangers étant de visite pour seulement quelques semaines de suite, durée insuffisante pour déconstruire les stéréotypes perpétuellement soufflés dans l’oreille, je leur réponds : Non. Vous souffrez du même problème, vous aussi, vous accordez de faux espoirs et images à cette ville. Plus subtilement, certes. Mais alors, mais alors. Pourquoi n’a –t-on pas fait des films s’appelant « Lyon », « Marseille je t’aime », « Dans Lille » ? On aurait pu. Puisque, soyons honnête mes chers Français, Paris n’est pas le seul et unique centre d’innovation et de créativité, malgré tout, malgré le centralisme in extremis.
Tout ça pour vous dire : Paris, c’est une ville. On y paie cher pour les appartements de taille et d’état ridicules. Paris, c’est bruyant. Paris, c’est beau parfois. Paris peut même être romantique si on y va avec la bonne personne – mais avec elle, toute ville est romantique.
Paris, c’est rien de nouveau.
Ce n’est qu’une ville.

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